Histoire d'Aureille

 

’étymologie du nom Aureille, pour les uns, laisse à penser qu’il y a un lien avec la voie aurélienne toute proche. Pour d’autres, il s’agit d’y voir l’évolution phonique du nom du propriétaire romain du terroir : Aurélius. Enfin, une dernière explication, semblant des plus probable, tend à démontrer qu’il aurait existé, selon une légende, un Saint Aureille, honoré lorsqu’on souhaitait l’arrivée du mistral ; bien présent dans ce lieu venté par le couloir ouvert au cœur des Alpilles.
Les premiers documents écrits connus concernant Aureille datent des XIème et XIIème siècles.
Mais comme en attestent des traces de la préhistoire mises à jour au début du siècle dernier, ce site était déjà habité à l’âge de la pierre polie. Une sépulture collective, constituée de dalles, a été découverte. Elle contenait des ossements humains, des outils en os, des lames en silex et quelques ornements.
L’époque romaine reste néanmoins la plus riche, au temps où les villas fleurissaient au milieu des vergers. Des tombes gallo-romaines creusées dans le roc, ainsi qu’une bergerie, ont été recensées.
Les invasions germaniques au Vème siècle provoquant un repli des populations vers les villes plus faciles à défendre, Aureille resta inhabité pendant de longues années, jusqu’au XIIème siècle. Le village, devenu fortifié, relève alors de l’archevêché d’Arles, et va traverser les querelles politiques et militaires des seigneurs des terroirs avoisinant, jusqu’à voir son château détruit en 1593.
Une nouvelle fois, en ce début de XVIIème siècle, le village reprend vie…
On recense une trentaine d’habitants tout au plus, bientôt rejoints par de nombreux bergers descendus des Alpes au gré des transhumances. Ils arrivèrent d’ailleurs, d’Eyguières, de Roussillon, d’Eyragues…
N’ayant que leur courage et la volonté de faire de cette terre la leur, ils s’installèrent en ce début de siècle dans un village en ruine, absent de toute vie, de toute culture.
Personne n’imaginait alors que, dans des conditions rudes et harassantes, ces émigrés résisteraient. Et ils ont résistés. A force de ténacité et de sacrifice, ils sont restés. Sans relâche, ils se sont obstinés ; à défricher, à semer, à planter cette terre difficile. Ainsi, jour après jour, année après année, le village reprend vie et s’agrandit. Aureille renaît…
Il connaitra son véritable développement au XIXème siècle avec l’installation définitive d’une Mairie et d’une école. Le canal de Craponne (1554), puis le canal de la Vallée des Baux (1909) vont permettre l’irrigation d’une vaste zone au sud du village. Le progrès et la lente mécanisation seront les fidèles artisans de l’essor de l’agriculture, encore présente aujourd’hui.
Aureille a donc fêté en 2008 son 400ème anniversaire. Si le village connaît aujourd’hui une croissance démographique lente et mesurée, il a su se préserver des agressions urbanistiques ravageuses pour garder en tout équilibre son identité et sa culture, et ce dans un cadre de vie exceptionnel.
Le voyageur de passage, s’il veut bien prendre le temps, ressentira sans aucun doute cette convivialité, cet esprit familial, ce sentiment étroit de solidarité et d’unicité, ouvert sur les autres.

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